Serge Labegorre (1931-2026)

« L’amour pour arme »

Cher Serge, cher père,

le privilège immense de vivre à tes côtés a pris fin, le 16 avril 2026.

C’est une dévastation, un arrachement qui submerge tout et met à genoux.

Tant tu étais… immense.

Il a fallu l’inhumanité, la brutalité d’une époque, même là où le premier serment est « tu ne nuiras point », pour que le désespoir, peut-être, malgré la lutte de ta femme, et ton propre courage, ne laisse plus d’autre choix à ton âme, cette intelligence si vive de ton cœur, que de quitter l’enveloppe de ton corps, comme supplicié, depuis 4 mois.

Pourtant, aujourd’hui, il ne peut s’agir que d’affection et de tendresse, de bonté.

Tu as écrit un jour « Sans doute il y a la mort et le mal, leur mufle écrasé derrière la vitre, mais nous avons l’amour pour arme. »

L’amour est sûrement le sens le plus profond de ton existence.

Celui que tu as reçu de tes chers parents, de tous tes ascendants. Celui reçu de ta famille, de tes cousins, de Bernard, ton presque frère, en art comme en sensibilité. Celui de tes professeurs, de tes amis.

Cet amour que tu as si bien su transmettre à ton tour, à ton épouse ma maman, à tes enfants, à ta petite fille. A tous ceux qui vivaient autour de nous, nos chats, nos chiens, les oiseaux de Fronsac, la lumière de Fronsac. La beauté des choses.

Si tu as su, si bien, être comme un média de cette bonté, de cette beauté, de cette miséricorde, tu le dois à la subtilité de ton âme. A ton intelligence, à ta gentillesse, à ta culture, nourrie par tant de curiosité. A la profondeur de tes réflexions, à ta gravité. A ton sérieux autant qu’à ton espièglerie.

Et à cette audace, si présente, évidente dans ton œuvre, réfugiée par ailleurs derrière une immense sensibilité, presque une anxiété, dans ta vie or peinture.

Quel vide et quelle épreuve pour nous. Que ton œuvre et ta mémoire combleront, avec le temps.

Merci à chacun d’entre vous qui recevait sa peinture, en plein coeur.

Malgré les séparations que nos vies d’adultes entrainent, ils vous aimaient tous.

Cher Serge, cher papa, ta mémoire vivra tant que l’amour et la bonté, la beauté, seront préservées, sur cette terre.

Sophie et Rosie, et Véro, et Lala, et toute la famille.

Articles : 

Or, il y a serge Labegorre

 

 » L’œuvre de Serge Labégorre contredit magistralement la thèse d’une agonie de l’histoire de l’art occidental. En effet le chambardement radical de Picasso, de Céline ou de Joyce, la brutalité tellurique de Pollock, le presque mutisme de Beckett ou de Rothko, l’univers pulsionnel se Simenon semblent préfigurer l’avènement d’un nihilisme irrémédiable. Or il y a Labégorre, peintre inspiré des âmes en peine, mais pas mortes, que le qualificatif d’usage- expressionniste- définit très imparfaitement.

Les mots de l’écrivain avouent leur infirmité des lors qu’il s’avise de traduire le langage mystérieux d’un peintre. Faute de mieux il lui cherche de glorieux ancêtres, risque la comparaison avec un mixe de Daumier et de Bacon (les papes, les portraits), avec Soutine (les maisons et les clochers de guingois), avec Gauguin (le regard tristement impavide des femmes), avec Rouault (les crucifixions,) avec Van Gogh (le fracas impérieux des couleurs) avec Münch (la solitude). On croit discerner des parentés lointaines avec Picasso ou De Staël, on remonte dans le temps jusqu’aux paroxysmes  de la douleur des piétas à la fin du Moyen Âge en passant par l’effarement des Hollandais et des Flamands devant le miroir de leur for intime.

Ces réminiscences en appelleraient d’autres, de Magnasco à Kokoscha. Elles échouent à traduire l’étrangeté d’une œuvre vouée obstinément à la traque de l’âme humaine en dénudant les êtres de chair pour soutirer le secret de leur prostration. » 

Denis Tillinac

L’art est pour moi la plus haute manifestation du travail humain, qui suscite la plus profonde émotion : l’émotion esthétique. C’est le plus court message d’un homme à un autre.

Né en 1932 près de Bordeaux, Serge Labégorre est l’un des peintres expressionnistes contemporains majeurs. Il a vécu et travaillait à Libourne puis à Fronsac. Il nous a quittés le 16 avril 2026, laissant ses proches et amis dans une profonde douleur, mais laissant une oeuvre picturale puissante et majeure.

Ses grands portraits en pied, où les rouges et les verts sombres éclatent sur des fonds noirs, sont présents dans de nombreux musées à Paris, Bordeaux, Bruxelles, Genève, Londres, Porto, Tokyo, New-York, San Francisco.

Prochaines expositions

Printemps 2026 → Invité de l’association Topaketak, à la Benoîterie d’Arbonne

Printemps 2026 → Londres et Cowes

Septembre et octobre 2026 → Artistic Red Dot Galerie, Parcé sur Sarthe.

Mars et avril 2027 → Château Lascombes, Eysines.

En permanence → Au Fonds Labégorre, Seignosse,  accrochage 100% Labégorre ou accrochage en complément/accompagnement des expositions temporaires

D’autres événements sont en cours d’organisation.

Gros plan sur quelques expositions récentes

L’âme du Monde

Serge Labégorre

Vernissage lundi 6 octobre 2025 à 19h.

Grange de Christus – 453 allée de Christus. 40900 St Paul lès Dax.

Voici le beau titre d’une exposition en hommage à l’oeuvre de Serge Labégorre, organisée par la ville de Saint Paul lès Dax, du 6 octobre au 3 novembre 2025. La toile illustrant l’invitation*, récente, en sera la figure de proue mais la salle de la Grange de Christus accueillera des oeuvres de toutes époques du peintre aquitain, référence de la figuration et de l’expressionnisme.

Expositions récentes (et quelques archives)

Petits formats – Grandes oeuvres – Peintures
Serge Labégorre
Du 1 mars 2025 au 30 avril 2025 – Airial Galerie à Mimizan

Tumultes et Vanités – Peintures
Serge Labégorre
Du 14 décembre 2024 au 14 février 2025 – Fonds Labégorre

Crânes, natures et natures mortes.

Vernissage samedi 14 décembre en présence de l’artiste, dès 17h30.

→ Voir le catalogue de l’exposition
→ Lire la préface de Anne Blayo

Visite et vernissage, reportage photos du Fonds Labégorre :

Reportage photos de Claude Goga :

 

Eté 2024 au Fonds Labégorre
Pour les dix ans du Fonds Labégorre :
Hommage à Henri Hayden (1883-1970)

Peintre franco-polonais, dont Serge, tout jeune artiste, partagea la galerie, l’une des plus prestigieuses de Paris à l’époque : la galerie Suillerot.
Raymond Suillerot, fondateur de la FIAC, avait alors dans son « écurie », Antonio Guansé, Rebeyrolles, Bacon, Tapiès, Zadkine… le prochain hommage pourrait être François Desnoyer, ou Bernard Buffet… à suivre.

En cet été 2024, le Fonds Labégorre fêtait aussi ses dix ans d’existence.
L’occasion de remercier tous ceux, mécènes, architectes, artisans, amis, professionnels, famille, qui ont aidé à la création et à la vie de ce lieu artistique. 
 

Reportage de l’exposition des 10 ans du Fonds Labégorre : 

Domaines de la Trésorerie, Orléans
Francis Guerrier – Serge Labégorre
Avril 2024
(Galerie Fizz, Valérie Le Floch)
Emouvant, élégant, chaleureux

 

Serge Labégorre, né peintre.

Musée des Beaux Arts de Pau
Grande rétrospective Labégorre !
Du 7 juin au 29 septembre 2024

Vernissage jeudi 6 juin 2024 à 18h30

Voir l’affiche de l’exposition
Téléchargez l’invitation
Avant-propos de François Bayrou pour le catalogue de l’exposition
Né peintre, Serge Labégorre en rétrospective à Pau – Revue Aqui, 07.06.2024
Retrospective Serge Labégorre… – Sud-Ouest, 18.07.2024
Pau : le retour aux sources de Serge Labégorre – Sud-Ouest, 07.06.2024

« Issue d’une sélection exigeante et la plus représentative possible de son œuvre, la soixantaine de tableaux présentée ici tente de retracer fidèlement le lien que l’artiste a toujours entretenu avec la peinture. Portraits de proches, d’hommes d’Église et nus composent l’essentiel de cette exposition. Enfin, cette exposition constitue, pour Serge Labégorre, un retour aux sources sur les terres béarnaises de sa famille. Terres où il a régulièrement séjourné durant son enfance. Enseignant par la suite le dessin au lycée Louis Barthou, de 1963 à 1968, à quelques pas du musée (qu’il visitait fréquemment), il a tissé un lien très fort avec la cité paloise. »
(extrait de la présentation par la direction des musées de la Ville de Pau) → Vers le site du musée

Labégorre, né peintre – Revue Aralya
Exposition Serge Labégorre – Guide Béarn Pyrénées

Visite de l’exposition et vernissage :

Visite de l’exposition et vernissage, suite :

Discours et rencontres :

Quelques Œuvres présentes à l’exposition :

Préparation de l’exposition :

Quelle aventure !
Peintures de Serge Labégorre, des débuts à aujourd’hui, avec Rosy pour témoin, soutien, muse…
Du 22 octobre 2022 au 10 février 2023

→ Téléchargez l’invitation


Serge et Rosy

Quelques-unes des œuvres exposées :

Photos du vernissage (22.10.2022) © Claude Goga :

Reportage du Fonds Labégorre (accrochage et vernissage) © Sophie Labégorre :

 

Point Rouge Galerie
Saint Rémy de Provence
Du 24 mai au 25 juin 2023

voir le site de la galerie

Reportage de Point Rouge Galerie – vernissage 27/05/2023 :

Labégorre, un été avec Guerrier
Peintures de Raymond Guerrier et Serge Labégorre
Du 18 juin au 2 septembre 2022

Guerrier, bâtisseur de cathédrales
Un jour béni, je fus présenté à Raymond Guerrier. Parmi les jeunes peintres des années 50 (nous étions jeunes alors), il m’apparaissait le plus grand. J’étais impressionné, au point de ne pas trouver les mots pour lui dire mon admiration. Je pus me rattraper plus tard, alors que nous avions été invités tous les deux à une création publique sur les quais de la station de métro Saint Augustin, à Paris, par Métrobus Publicité. Il fallait peindre en trois jours, trois nuits, une toile de 15 m², tendue sur l’emplacement habituel des panneaux publicitaires, enregistrés en permanence par les caméras de l’ORTF.
Nous n’avions pas assez de recul pour apprécier notre travail, perchés sur nos échelles, et devions aller sur le quai d’en face pour en avoir une idée. Nous y allions de conserve et regardions en même temps les autres peintres qui s’échinaient, nous étions dix en tout.
Voici à peu près ce que je lui dis en voyant tous ses démarrages. « Ce qui me frappe c’est leur incertitude, comme s’ils étaient terrorisés. Toi, Raymond, tu poses, et c’est définitif. Les premières pierres de la cathédrale que tu construis seront là jusqu’à la fin. Voilà pourquoi, je te le dis, tu as déjà un pied dans la postérité. » Il a souri, sans me croire. Il était trop modeste pour ça, et pourtant je savais moi qu’il était un géant et je le sais encore.
»
Serge Labégorre
Téléchargez le pdf

Les œuvres de Guerrier confiées par sa famille :

Photos du vernissage (18/06/2022) © Claude Goga :

Photos du vernissage (18/06/2022) © Fonds Labégorre :

« Guerrier, l’harmonie des tons rompus », par Serge Labégorre 1986
Lire la préface du livre d’Elisa Farran (directrice Musée Estrine St Rémy de Provence et commissaire expo Septembre 2020)

Chapelle du Carmel – Libourne
Du 6 juin au 20 septembre 2015

Je me souviendrai toujours de la force créatrice de ma première expérience de peintre où quelque chose d’ordre poétique est rentré dans ma conscience, le jour où il m’est apparu que dans un geste je pouvais convier toutes les forces de l’univers, où je me suis rendu compte que le monde était un théâtre que devaient habiter mon propre corps, mon propre cœur.
Extrait du discours de Serge Labégorre – Lire la suite

La Chapelle du Carmel
45 Allée Robert Boulin 33500 Libourne